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21 septembre 2026Investissements dans les énergies renouvelables en Roumanie : terrains, raccordement au réseau et autorisations
La Roumanie reste un marché attractif pour les investissements dans les énergies renouvelables, en particulier dans les projets liés à l'énergie solaire, à l'énergie éolienne terrestre et au stockage d'énergie. Toutefois, le développement ou l'acquisition d'un projet d'énergie renouvelable nécessite une coordination minutieuse entre les droits fonciers, les exigences en matière d'urbanisme et de construction, le raccordement au réseau, les autorisations environnementales et l'autorisation de l'ANRE.
Les récentes modifications législatives, notamment le nouveau cadre réglementaire roumain en matière d’urbanisme et de construction, ainsi que la mise en place, à partir de 2026, d’un mécanisme concurrentiel d’attribution des capacités du réseau, rendent d’autant plus importante pour les investisseurs la réalisation d’une due diligence juridique dès les premières étapes du projet.
1. Garantir la disponibilité des terrains pour les investissements dans les énergies renouvelables
Selon le Code de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme et de la construction, entré en vigueur en août 2026, les projets d'énergie renouvelable relèvent de la catégorie des ouvrages d'art, dans la mesure où ils constituent des infrastructures énergétiques.
Cette classification est pertinente pour la procédure d’autorisation. En particulier, le certificat d’urbanisme nécessaire à la réalisation de travaux d’ingénierie peut être demandé et délivré sans que le demandeur ne détienne un droit réel principal sur le terrain concerné. Par conséquent, le promoteur d’un projet d’énergie renouvelable n’est pas tenu de détenir le droit de propriété sur le terrain concerné par le projet ni un droit de superficie au moment de l’obtention du certificat d’urbanisme.
Toutefois, avant le début des travaux de construction, le promoteur doit s'assurer de disposer des droits sur le terrain nécessaires à la délivrance et à la mise en œuvre du permis de construire.
Avant de s'assurer la propriété d'un terrain, les investisseurs devraient vérifier non seulement le titre de propriété et les éventuelles charges qui pèsent sur celui-ci, mais aussi la situation cadastrale, la catégorie d'affectation et le régime agricole du terrain, les droits d'accès, les restrictions d'urbanisme et la possibilité d'utiliser le terrain tant pour le projet que pour les infrastructures nécessaires à son raccordement au réseau.
2. Les terres agricoles situées hors agglomération
De nombreux projets d'énergie renouvelable en Roumanie sont développés sur des terres agricoles situées en dehors des agglomérations. Loi n° 18/1991 instaurent un régime spécifique permettant, sous réserve du respect des conditions prévues par la loi, le développement, sur certaines catégories de terres agricoles, de capacités de production d’énergie solaire et éolienne, d’installations de stockage d’électricité, de postes de transformation et d’infrastructures connexes, en général dans la limite légale de 50 hectares.
La mise en œuvre du projet peut nécessiter le retrait définitif ou temporaire de la surface concernée du circuit agricole.
La législation roumaine autorise également, dans certaines situations, la double utilisation des terres agricoles, tant pour les activités agricoles que pour la production d'électricité à partir de sources renouvelables. Ce régime peut permettre de soustraire du circuit agricole uniquement la superficie effectivement occupée par les infrastructures énergétiques, tandis que la superficie restante continue d'être utilisée à des fins agricoles.
3. Raccordement au réseau et ATR
Le raccordement au réseau constitue de plus en plus l'un des principaux risques liés au développement des projets d'énergie renouvelable en Roumanie.
La procédure générale est régie par le règlement de l'ANRE approuvé par Arrêté n° 59/2013, avec les modifications et compléments ultérieurs. Cela implique, en général, le dépôt de la demande de raccordement, la détermination de la solution de raccordement, la délivrance de l'avis technique de raccordement (ATR), la conclusion du contrat de raccordement, la réalisation et la mise en service des installations de raccordement et, enfin, la délivrance du certificat de raccordement.
L'ATR définit les conditions techniques dans lesquelles le projet peut être raccordé au réseau électrique d'intérêt public.
Par conséquent, pour les investisseurs qui acquièrent un projet, la simple existence d'un ATR ne suffit pas. La due diligence devrait également examiner sa validité, la capacité approuvée, le point de raccordement, les travaux de renforcement du réseau, les coûts, les garanties et les délais de mise en œuvre.
4. Le nouveau mécanisme d'attribution des capacités du réseau
Une évolution particulièrement importante pour les investisseurs est la mise en place du mécanisme d'attribution des capacités du réseau pour les projets concernés dont la puissance installée est d'au moins 5 MW, applicable à compter du 1er janvier 2026.
Conformément à la méthodologie approuvée par Arrêté de l'ANRE n° 53/2024, la capacité disponible du réseau pour les projets relevant de son champ d'application est attribuée selon un mécanisme concurrentiel.
Cela signifie que L'accès à la capacité du réseau doit désormais être considéré comme un risque d'investissement essentiel, et non plus simplement comme une question technique liée au processus d'autorisation..
Les investisseurs devraient déterminer dès le début si le projet relève du mécanisme d'attribution des capacités et analyser la capacité disponible, l'état d'avancement du processus d'attribution, les paiements applicables et les garanties financières, le calendrier de raccordement, ainsi que les conséquences d'un non-respect des étapes de développement imposées.
Cet aspect est particulièrement pertinent dans le cas de l'acquisition de projets présentés comme „ prêts à être construits ” ou se trouvant à un stade avancé de développement : les droits fonciers et les autorisations n’ont qu’une valeur limitée si le projet ne dispose pas d’une solution viable et juridiquement sûre pour le raccordement au réseau.
5. Autorisation et octroi de licence par l'ANRE
Le raccordement au réseau est distinct du régime d'autorisation et d'octroi de licences géré par l'Autorité nationale de régulation de l'énergie (ANRE).
Conformément à la loi n° 123/2012, les projets qui dépassent le seuil prévu par la loi nécessitent l'obtention d'un autorisations de création, tandis que les projets relevant de l'exception légale sont soumis au régime de notification applicable.
L'exploitation commerciale de la capacité de production est ensuite soumise aux exigences applicables en matière d'autorisation de l'ANRE.
Par conséquent, les investisseurs devraient s'assurer que les démarches concernant le terrain, la construction, le raccordement au réseau et autorisation de l'ANRE sont coordonnées, car les retards ou les modifications survenant dans l'une de ces procédures peuvent avoir une incidence sur la validité ou le calendrier des autres.
6. L'autorisation sous l'angle de la protection de l'environnement
Les projets d'énergie renouvelable sont soumis à la législation roumaine en matière de protection de l'environnement, qui transpose les exigences pertinentes du droit de l'Union européenne.
En fonction de l'emplacement, de la taille et des caractéristiques du projet, l'autorité compétente en matière de protection de l'environnement peut exiger la réalisation d'une évaluations d'impact sur l'environnement, d'une évaluation appropriée au regard des sites Natura 2000 et/ou d'une évaluation de l'impact sur les masses d'eau.
En fonction de l'emplacement, des autorisations et agréments supplémentaires peuvent être nécessaires, notamment en ce qui concerne les zones protégées, le patrimoine archéologique, la gestion de l'eau, l'aviation, les infrastructures de défense ou les systèmes d'amélioration foncière.
Les éventuelles contraintes environnementales devraient, dans l'idéal, être identifiées dès la phase de sélection du site et due diligence juridique, et non pas après que des coûts importants aient déjà été engagés pour le développement du projet.
7. Mesures de soutien et aspects fiscaux
La Roumanie a mis en place plusieurs mécanismes de soutien destinés à les investissements dans les énergies renouvelables, y compris le principe des contrats sur différence (Contracts for Difference – CfD) et les possibilités de financement offertes dans le cadre des programmes européens et nationaux, notamment par le biais du Fonds pour la modernisation.
Ces mécanismes peuvent améliorer considérablement les paramètres économiques d'un projet, mais l'éligibilité et l'octroi d'un soutien sont soumis aux règles propres à chaque dispositif et ne doivent pas être considérés comme automatiquement accessibles à tous les projets d'énergie renouvelable.
De même, la législation roumaine ne prévoit pas d’exonération fiscale générale au seul motif qu’un projet produit de l’énergie à partir de sources renouvelables. Les investisseurs devraient analyser les implications fiscales de la structure concrète de l'investissement, notamment l'impôt sur les sociétés, la TVA, les taxes et impôts locaux, ainsi que le traitement fiscal de la structure d'acquisition et de financement. Pour les dernières évolutions en matière de fiscalité du secteur de l'énergie, voir également l'analyse d'Adesman & Asociații concernant Fonds de transition énergétique.
Conclusions essentielles pour les investisseurs internationaux
Un projet d'énergie renouvelable en Roumanie ne devrait pas être évalué uniquement en fonction des terrains acquis ou des autorisations déjà obtenues.
Pour les investisseurs qui analysent investissements dans les énergies renouvelables en Roumanie, la question essentielle est de savoir si le projet dispose d'un un parcours de développement cohérent et bancable: des droits opposables et adéquats sur les terrains, une situation viable du point de vue de l'urbanisme et du régime foncier agricole, une capacité de raccordement sécurisée ou pouvant être obtenue de manière réaliste, des autorisations valides en matière d’environnement et de construction, ainsi qu’un parcours clair vers l’autorisation de l’ANRE et l’exploitation commerciale.
La réalisation, àun stade précoce d’une due diligence juridique coordonnée portant sur tous ces aspects peut permettre d’identifier les risques critiques liés au développement avant l’engagement d’un capital important et peut contribuer de manière substantielle à la bancabilité du projet et à sa préparation en vue d’une éventuelle transaction.
Foire aux questions sur les investissements dans les énergies renouvelables en Roumanie
Un investisseur étranger peut-il développer ou acquérir un projet d'énergie renouvelable en Roumanie ?
Oui. Les investisseurs étrangers peuvent développer ou acquérir des projets d'énergie renouvelable en Roumanie, notamment des projets photovoltaïques, éoliens et de stockage d'énergie. En fonction de la structure et de la valeur de la transaction, des activités de la société cible et d’autres circonstances pertinentes, l’investissement peut être soumis à des exigences supplémentaires, notamment celles relatives à l’examen des investissements et au régime CEISD.
Le promoteur d'un parc photovoltaïque ou éolien doit-il nécessairement être propriétaire du terrain ?
Non. Le promoteur n'est pas tenu d'être, à toutes les étapes du projet, le propriétaire du terrain. D'autres droits permettant le développement et l'exploitation du projet peuvent également être utilisés, dans les conditions prévues par la loi.
Conformément au cadre réglementaire actuel en matière d'aménagement du territoire, d'urbanisme et de construction, pour les travaux d'ingénierie, le certificat d'urbanisme peut être demandé et délivré sans que le demandeur ne détienne un droit réel principal sur le terrain. Pour la réalisation des travaux, il est toutefois nécessaire de garantir le droit sur le terrain nécessaire à l’autorisation et à l’exécution du projet.
Peut-on construire un parc photovoltaïque sur des terres agricoles situées hors agglomération ?
Dans certaines conditions, oui. La loi n° 18/1991 autorise l'implantation de certaines capacités de production d'énergie à partir de sources renouvelables et des infrastructures associées sur certaines catégories de terres agricoles situées hors agglomération, dans le respect des conditions et des limites prévues par la loi, y compris, dans le cadre du régime applicable, la limite de 50 hectares.
En fonction du projet et du terrain, il peut être nécessaire de retirer définitivement ou temporairement celui-ci du circuit agricole. Dans certaines situations, l'utilisation mixte du terrain à des fins agricoles et pour la production d'électricité à partir de sources renouvelables est également autorisée.
Qu'est-ce que l'ATR et pourquoi est-il important pour un projet d'énergie renouvelable ?
L'ATR (avis technique de raccordement) définit les conditions techniques dans lesquelles le projet peut être raccordé au réseau électrique d'intérêt public.
Pour un investisseur, la simple existence d’un ATR ne suffit pas pour évaluer la situation du raccordement. L'analyse peut porter, entre autres, sur la validité de l'ATR, la puissance autorisée, le point de raccordement, les éventuels travaux de renforcement du réseau, les coûts et garanties associés, ainsi que les délais et obligations à respecter pour la mise en œuvre du raccordement.
Comment la capacité du réseau sera-t-elle attribuée en 2026 aux projets d'au moins 5 MW ?
Pour les projets relevant du champ d'application de la méthodologie approuvée par l'arrêté n° 53/2024 de l'ANRE, la capacité disponible du réseau est attribuée selon le mécanisme concurrentiel applicable à compter du 1er janvier 2026.
Par conséquent, pour les projets concernés par ce régime, l’analyse juridique et d’investissement doit tenir compte non seulement de l’existence de l’infrastructure de réseau, mais aussi de l’accès effectif à la capacité, l'état d'avancement de la procédure d'attribution, les coûts et les garanties y afférents, ainsi que les délais applicables au projet.
Suffit-il qu'un projet dispose d'un ATR pour être considéré comme „ prêt à être construit ” ?
Pas nécessairement. La mention „ prêt à construire ” ne garantit pas en soi que toutes les conditions juridiques, techniques et administratives nécessaires au démarrage des travaux soient remplies.
Dans le cadre d'une due diligence, il convient de vérifier la situation concrète du projet, y compris les droits fonciers, l'urbanisme, le permis de construire, l'état des raccordements et la capacité du réseau, les autorisations environnementales, l'autorisation de l'ANRE et les éventuelles conditions, les délais ou les obligations non encore respectés.
Quelles autorisations de l'ANRE sont nécessaires pour un projet d'énergie renouvelable ?
Le régime applicable dépend des caractéristiques du projet et des seuils prévus par la législation en vigueur. La loi n° 123/2012 régit l'autorisation d'implantation pour les projets dépassant le seuil légal applicable, tandis que les projets bénéficiant de l'exception prévue par la loi sont soumis au régime de notification correspondant.
L'exploitation commerciale de la capacité de production est, par ailleurs, soumise aux exigences applicables en matière d'autorisation délivrée par l'ANRE.
Que faut-il vérifier avant d'acquérir un projet d'énergie renouvelable en Roumanie ?
Une due diligence juridique portant sur un projet d’énergie renouvelable peut couvrir, en fonction de la structure de la transaction, de la société de projet et de sa situation sociétaire, les droits fonciers, l’urbanisme et la construction, le raccordement au réseau et l’ATR, la capacité du réseau, les autorisations de l'ANRE, les aspects environnementaux, les contrats pertinents, le financement, les litiges et les éventuelles exigences relatives à l'examen de l'investissement.
Dans le cas de projets à un stade avancé de développement, il convient d'accorder une attention particulière aux délais, aux étapes clés, aux garanties et aux conditions dont dépend le maintien des droits déjà acquis.
Ce document a un caractère général et est fourni à titre purement informatif ; il ne constitue en aucun cas un avis juridique concernant un projet ou un investissement spécifique. L'application du cadre juridique dépend des caractéristiques propres à chaque projet ainsi que de la législation et de la réglementation en vigueur au moment de l'analyse.



